²ÝÁñ2024еس¶Ò»¶þ

Passer au contenu

Université de ²Ñ´Ç²Ô³Ù°ùé²¹±ô

Communications

Sous-financement universitaire : les preuves

L’enseignement universitaire est un enjeu crucial pour l’avenir du Québec. Un enjeu dont, bien étrangement, aucun parti ne parlait vraiment dans la campagne électorale avant que mes collègues recteurs des autres universités et moi-même ayons, par médias interposés , saisi les chefs des différents partis politiques de la question du financement de nos établissements. Nous avons demandé aux chefs des partis de s’engager à accorder d’ici 2020 aux universités québécoises un financement équivalent à la moyenne canadienne, quelles que soient les sources de revenus.

³¢±ðÌý:
¶Ù²¹²Ô²õÌý: Financement, Carnet

L’enseignement universitaire est un enjeu crucial pour l’avenir du Québec. Un enjeu dont, bien étrangement, aucun parti ne parlait vraiment dans la campagne électorale avant que mes collègues recteurs des autres universités et moi-même ayons, par médias interposésÌý[1], saisi les chefs des différents partis politiques de la question du financement de nos établissements. Nous avons demandé aux chefs des partis de s’engager à accorder d’ici 2020 aux universités québécoises un financement équivalent à la moyenne canadienne, quelles que soient les sources de revenus.

Cette semaine, le chef du Parti libéral contestait «Ìý». Il n’est pas nouveau que les dirigeants politiques mettent en doute les données sur lesquels les recteurs se fondent pour diagnostiquer le sous-financement de leurs établissements. C’est d’ailleurs pour cette raison que la situation n’est pas corrigée, 15 ans après les premiers signaux d’alerte. Je vais donc prendre le temps d’exposer les nombreuses sources qui confirment l’écart de financement entre nos universités et celles des autres provinces.Ìý

  1. Première étudeÌý: celle de la défunte . C’est aussi la plus sérieuse sur le plan méthodologique, car elle s’appuie sur le nombre d’étudiants ±è´Ç²Ô»åé°ùé²õ, c’est-à-dire que l’étude tient compte du profil disciplinaire des étudiantsÌý: la formation d’un étudiant en médecine coûtant plus cher que celle d’un étudiant en administration, il est important de considérer le nombre d’étudiants dans chaque programme. Selon la CRÉPUQ, le revenu moyen par étudiant est inférieur de 4090 $ au Québec par rapport aux autres provinces. Total du sous-financementÌý: 850 millions de dollars – avant les compressions de 125 M$ exigées des universités québécoises depuis 2012.
    Ìý
  2. L’intervention des recteurs dans la campagne électorale se fondait sur deux sourcesÌý: l’Association canadienne du personnel administratif universitaire pour les ressources financières et Statistique Canada pour le nombre d’étudiants ramené en équivalent temps complet. En 2011, nos universités disposaient de 5000 $ de moins par étudiant. Dit autrement, il faudrait augmenter les budgets de nos universités de 50 % pour atteindre la moyenne canadienne.Ìý

    Revenu moyen par étudiant, par province, pour l'ensemble des universités canadiennes, 2011-2012Les deux premières évaluations sont bel et bien l’œuvre des recteurs. Mais comme il semble que mes collègues et moi ne soyons pas des sources fiables d’information, alors je vais citer dans les trois prochains points des sources indépendantes.Ìý

  3. Chaque année, le magazine Macleans publie un numéro complet consacré aux universités canadiennes. Ce palmarès fournit une foule de données et la lecture en est éprouvante pour les recteurs québécois, car nos universités font mauvaise figure selon la majorité des indicateurs retenus par Macleans. C’est le cas en particulier du financement par étudiant. Sur les 15 universiteÌ�s canadiennes avec faculteÌ� de meÌ�decine, les quatre dernieÌ€res de la liste sont, comme par hasard, quatre universiteÌ�s queÌ�beÌ�coises : dans l’ordre, McGill, nous, Sherbrooke et Laval. Entre l’UniversiteÌ� de la Saskatchewan, qui deÌ�pense en un an 15 444 $ par eÌ�tudiant, et l’UniversiteÌ� de MontreÌ�al, qui en deÌ�pense 9 871 $, il y a un eÌ�cart de 5573 $!Ìý

     

    1

    Saskatchewan

    15Ìý444 $

    2

    Alberta

    14Ìý855 $

    3

    Calgary

    14Ìý221 $

    4

    UBC

    14Ìý139 $

    5

    Manitoba

    13Ìý996 $

    6

    Toronto

    13Ìý662 $

    7

    Dalhousie

    13Ìý632 $

    8

    McMaster

    12Ìý708 $

    9

    Western

    11Ìý964 $

    10

    ²Ï³Ü±ð±ð²Ô’s

    11Ìý829 $

    11

    Ottawa

    11Ìý492 $

    12

    McGill

    10Ìý747 $

    13

    ²Ñ´Ç²Ô³Ù°ùé²¹±ô

    9Ìý871 $

    14

    Sherbrooke

    9Ìý216 $

    15

    Laval

    9Ìý166 $

     

  4. Les 15 plus importantes universités du Canada, dont McGill, Laval et l’UdeM, forment un groupe, le U15, qui se partage des données. Ces données permettent aux gestionnaires de mieux situer leurs établissements respectifs sur la base d’une dizaine d’indicateurs et de prendre des décisions éclairées pour prioriser certains dossiers, comme la diplomation, le nombre d’étudiants par professeur ou encore la superficie des campus. Selon le dernier rapport du U15, l’UdeM disposait en moyenne de 6250 $ de moins par étudiant que ses comparables. L’écart est plus grand qu’au point 1 et 2 pour une raison toute simpleÌý: l’UdeM se distingue par le volume de ses activités de recherche; or, ce volet est systématiquement sous-évalué dans la grille de financement gouvernemental, ce qui fait que nous souffrons davantage du sous-financement. Les données du U15 sont confidentielles mais il me fera plaisir de les partager avec les chefs desÌý partis.Ìý

  5. Dernière sourceÌý: le Conseil des universités de l’Ontario. En 2012, l’organisme a produit un rapport pour démontrer le sous-financement des universités ontariennes. Devinez-quoiÌý: ce sont les universités québécoises qui ont remporté la palme du manque de ressources. Allez à la page 3 du : vous verrez que le Québec dépense 1000 $ de moins par étudiant qu’ailleurs au pays. Je cite cette étude avec moult précautions, car elle ne tient compte que des revenus de source gouvernementale et de droits de scolarité. Or, une université comme celle de Toronto dispose d’un fonds de dotation de plusieurs milliards de dollars, ce qui lui assure des revenus d’appoint qui lui permettent d’arrondir ses fins de mois.

    De 1000Ìý$ à 6250Ìý$ d’écart par étudiant, vous me direz que la marge d’erreur – pour parler comme les sondeurs – est grande et que c’est la preuve de la faillibilité des données. À cet argument, je répondrai deux choses. La première, c’est que, quelle que soit la source retenue, nos universités figurent comme les parents pauvres de l’enseignement supérieur au paysÌý: on est forcé de conclure qu’il y a un problème financement au Québec. La deuxième chose, c’est qu’il n’est pas normal que ce soit les recteurs qui produisent de telles données. Un gouvernement, quel qu’il soit, devrait être en mesure d’avoir l’heure juste sur l’état comparé du financement des établissements d’enseignement supérieur.

    Le 8 avril au matin, je demanderai donc au parti au pouvoir de collaborer avec les universités pour établir une base consensuelle de comparaison avec le reste du Canada sur cette question. En revanche, je demanderai à nos dirigeants de s’engager à prendre les décisions qui s’imposent une fois que le diagnostic précis de l’état du financement universitaire aura été établi, de manière à ce que nos universités aientÌý les ressources requises pour former la relève de demain dans tous les secteurs d’activités qui forment une société prospère.Ìý

Ìý


file:///C:/Users/cremerj/AppData/Local/Microsoft/Windows/Temporary%20Internet%20Files/Content.Outlook/MXFG5F6W/carnet%20du%20recteur_sous-financement_v4.docx#_ftnref1[1] À ceux qui s’inquiètent du coût de cette opération publicitaire, je tiens à préciser qu’elle a coûté moins de 30Ìý000$, soit 27 798,93 $ pour être exact, un coût partagé par les quinze établissements signataires.